Les fiches pratiques

Le court-noué

Le court-noué est une maladie très grave due à des Nepovirus qui infecte aussi bien les porte-greffes que les cépages issus des Vitis américains ou Vitis vinifiera.

Qu'est-ce que le court-noué ?

Le court-noué est une maladie virale qui peut conduire à l'arrachage prématuré de la parcelle. Il existe deux types de virus responsables de la maladie : le GFLV (Grapevine Fan Leaf Virus), plus souvent mis en évidence, et l'ArMV (Arabic Mosaïc Virus). Ils peuvent être identifiés sur vigne par le test sérologique ELISA Il produisent les mêmes symptômes et sont transmis soit par le matériel végétal soit par les nématodes du sol. Les nématodes vecteurs (Xiphinema index pour le GFLV et Xiphinema diversicaudatum pour l'ArMV) appartiennent à l'ordre des Némathelminthes ou vers ronds, qui vivent parfois à de grandes profondeurs. Pour se nourrir, le nématode pique les racines et transmet le virus s'il est infecté. Il vit dans le sol, jusqu'à plus de 1,50 m de profondeur et peut survivre après arrachage de la vigne pendant 4 à 5 ans sur les morceaux de racines non extirpés. Le nématode ne se déplace pas à plus de 1,50 m de distance par an (évolution lente).

 

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Quels sont les symptômes du court-noué ?

Le court-noué comme d'autres dégénérescence ou dépérissement infectieux apparaît par petites taches au sein des parcelles. Les nématodes, en piquant successivement deux ceps voisins dont les racines sont proches, inoculent le virus du pied malade au pied sain.

Le court-noué se caractérise :

  • sur ceps, par un affaiblissement progressif de la souche qui peut conduire à sa mort. Au printemps, la végétation est languissante
  • sur rameaux, par un applatissement (faciation) ou un raccourcissement des entre-noeuds, une croissance en "zigzag", une division du rameau en "balais de sorcière"
  • sur feuilles, par des troubles de la nervation, par des déformations et des panachures réticulées ou diffuses du feuillage
  • sur grappes, par des troubles de la fécondité (coulure, millerandage), des hétérogénéité de maturité, des pertes de rendement et de qualité
applatissement rameau court noue
court noué
applatissement, division du rameau et panachure


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 Comment identifier le court-noué ?

Il est possible de réaliser une analyse nématologique sur terre (détermination de la présence des nématodes, et de leur caractère infectieux). Mais le prélèvement, pour qu'il soit représentatif, est très délicat. Même si le résultat de l'analyse est négatif, il faut cependant rester vigilant.

Comme la plupart des maladies à virus, le diagnostic à partir de l'observation des symptômes est en général difficile. En effet, les symptômes provoqués par un même virus peuvent être variables en fonction de nombreux paramètres. De plus, les symptômes exprimés peuvent facilement se confondre avec des désordres d'ordre physiologique. De ce fait, des méthodes de détections classiques en virologie doivent être utilisées pour déterminer la maladie :

  • indexage biologique : il s'agit de transmettre par greffage le virus à une variété indicatrice réagissant vivement à l'infection de façon caractéristique
  • méthode sérologique : c'est actuellement la méthode  la plus rapide. Le test ELISA (Enzyme Linked ImmunoSorbent Assay) utilise des anticorps spécifiques des virus responsables du court-noué. Il peut se réaliser sur feuilles, bois ou racines

 

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Quelles sont les méthodes de lutte contre le court-noué ?

Il n'existe aucune méthode de lutte curative contre le court-noué. Il faut impérativement agir en préventif et planter dans des sols "exempts" de nématodes vecteurs.

  • dévitaliser les souches avant arrachage. Les doses d'emploi de glyphosate doivent être en accord avec la réglementation et limitées à 2880 g/ha/an. La destruction des racines permet de priver de nourriture les nématodes vecteurs du court-noué. Le trichlopyr peut également être utilisé dans ce but. L’arrachage aura lieu 4 mois après l’application en automne
  • Extirper soigneusement les racines après arrachage
  • respecter un repos du sol de 7 à 10 ans avant de replanter de la vigne sur un sol contaminé…
  • utiliser du matériel végétal certifié
  • entretenir les abords de la parcelle
  • éliminer les repousses de vigne
  • éviter les apports de terre exogène pouvant être contaminée par des nématodes

La désinfection des sols permettait d'éliminer les nématodes vecteurs du court-noué. L'aldicarbe (granulés) et le dichloropropène (fumigants) sont aujourd'hui interdits.

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Et la production de matériel végétal sain ?

Tout au long du processus de sélection et de multiplication de la vigne en France, des protocoles très stricts sont appliqués pour  garantir au maximum l’absence de viroses graves dans le matériel :

  • conservatoires, collections d’étude, dispositifs expérimentaux : installés sur des sites vierges de vignes ou suffisamment reposés, avec tests ELISA court-noué et enroulements exhaustifs avant plantation. Renouvellement des tests si nécessaire en cours d’étude
  • inscription de nouveaux clones : introduction de matériel initial à l’ENTAV, tests ELISA exhaustifs et indexages 8 viroses
  • plantation de vignes-mères de prémultiplication : matériel initial, sols vierges de vigne depuis 15 ans minimum, tests ELISA sur toutes les souches (par groupage de 10) tous les 5 ans
  • plantation de vignes-mères de multiplication : matériel de base, sols vierges de vigne depuis 12 ans minimum, tests ELISA par échantillonnage (protocoles statistiquement valides) tous les 10 ans
  • agrément de vignes-mères en matériel standard (rare) : tests ELISA par échantillonnage, renouvelés tous les 10 ans
  • déclassement immédiat des parcelles si des tests réagissent, recherche et destruction des lots de plants correspondants encore sur le marché

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Quelles pistes de recherche contre le court-noué ?

  • un porte-greffe résistant par croisement avec Muscadinia rotundifolia est aujourd'hui à l'étude. C’est une piste très prometteuse, mais ce porte-greffe présente des difficultés de reprise (bouturage et greffage, uniquement greffe bouture herbacée), et une croissance végétative faible et buissonnante (peu de production de bois).

Porte-greffe résistant au court noué

  • essai de prémunition (injection de virus altéré, peu virulent, induisant une résistance)
  • création de porte-greffe OGM, avec une copie d’un gène d’origine virale (essai sur 70 porte-greffes à Colmar, dispositif très encadré)
  • produit chimique nématicide (DMDS, dérivé d'alliacée) actuellement à l'étude
  • utilisation à l’essai de plantes avec libération de substances nématicides, directement ou après décomposition (alliacées, ricin, rue fétide…)

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En savoir plus sur le court-noué de la vigne
 
 
V’Innopôle - BP 22 Brame-Aïgues - 81310 Lisle sur Tarn - Tél : 05.63.33.62.62 - fax : 05.63.33.62.60 - liliane.fonvieille@vignevin.com
 
creation site internet Saint Brieuc
 
V’Innopôle - BP 22 Brame-Aïgues - 81310 Lisle sur Tarn
Tél : 05.63.33.62.62 - fax : 05.63.33.62.60 - liliane.fonvieille@vignevin.com